CARTE D’IDENTITE DE L’INDE
Superficie : 3 287 260 km2
Capitale : New Delhi
Population : plus d’un milliard d’habitants
Système politique : république fédérale
Religions : hindouistes 80%, musulmans 14%, chrétiens 3% sikhs 2%, bouddhistes 0,7%
Langues : hindi, anglais et 15 autres langues officielles
Monnaie : la roupie indienne
Décalage horaire : Paris + 3h30 en été, + 4h30 en hiver
Formalités : passeport + visa
CLIMAT
S’étendant entre 8° et 35° de latitude nord, ce qui correspond environ aux latitudes du sud du Sénégal et du nord du Maroc, l’Inde ne jouit bien sûr pas d’un climat uniforme.
Cependant, si l’on excepte la partie himalayenne soumise à un climat de montagne qui ne la rend aisément praticable que d’avril à novembre, l’ensemble du pays et de ses habitants vit au rythme de la mousson, un mot venu de l’arabe « mausim » et qui signifie d’ailleurs « saison ». Lorsque la mousson est « normale », celle-ci fournit en effet 75% des précipitations totales du pays.
Indispensable, elle est pourtant toujours responsable d’inondations souvent meurtrières mais son manque de vigueur est encore plus redouté par les sécheresses qu’il provoque.
En fait, à l’exception des zones protégées de la mousson comme le Ladakh, le Zanskar et le Spiti (Himalaya), l’Inde compte trois saisons : la saison des pluies (mousson), la saison fraîche, la saison chaude.
La saison des pluies dure de mi juin à mi septembre, sauf sur la côte sud-est (Orissa, Bengale, Tamil Nadu) où elle a lieu d’octobre à décembre. Elle commence en juin dans le sud-ouest, progresse vers le nord-est et atteint le nord du pays au mois de juillet. Bien qu’il ne pleuve pas de manière continue, les précipitations atteignent des niveaux extrêmes : c’est ainsi que Cherrapunji situé dans le nord-est au Meghalaya est l’un des lieux les plus arrosés du globe avec plus de 10 mètres de précipitations par an !
Sur la plus grande partie du pays, les pluies durent jusqu’en septembre. Pendant cette saison les températures restent élevées. Ce n’est qu’à partir d’octobre qu’elles vont commencer à décroître. Ce rafraîchissement est lié à l’inversion des vents. En effet, la mousson est avant tout un régime de vents. Soufflant de la mer vers la terre de juin à septembre, ceux-ci apportent alors sur l’Inde des masses d’air humide d’origine océanique. En s’inversant à partir d’octobre, ils amènent un air continental, sec et frais. C’est alors la saison fraîche, appelé parfois « mousson d’hiver ».
La saison fraîche qui dure environ d’octobre à mars est la meilleure saison pour se rendre dans la plupart des régions de l’Inde. A l’exception de l’Himalaya qui entre alors dans un long hiver glacial ( mais les journées restent très clémentes) et de la côte sud-est qui connaît sa saison des pluies d’octobre à décembre, les températures et le niveau d’humidité sont partout agréables. Les températures dépendent cependant beaucoup de la latitude. Alors qu’au sud les températures descendent rarement sous les 20°C, elles sont nettement plus basses au nord de la ligne Bombay/Calcutta : si elles restent généralement douces pendant la journée, il est fréquent d’atteindre les 5°C la nuit dans la plaine du Gange et le Pendjab n’est pas à l’abri de gelées nocturnes.
C’est à partir de mars que les grandes chaleurs reviennent. La saison chaude va durer jusqu’au mois de juin. Dès le mois d’avril, les 35°C sont atteints puis dépassés sur la majeure partie du territoire et certaines régions du centre de l’Inde connaissent alors des températures de l’ordre de 50°C. Fin mai, la mousson s’annonce à nouveau sous forme d’orages et de tempêtes accompagnés d’une augmentation de l’humidité.
Pour résumer, la meilleure saison pour partir et bénéficier de températures acceptables se situe entre septembre et mars pour quasiment l’ensemble du territoire et, entre fin mars et mi novembre pour les excursions en Himalaya.
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GEOGRAPHIE
Capitale : New Delhi
Point culminant : L’Himalaya, grande chaîne ininterrompue sur 2400 kilomètres, avec une largeur qui varie de 240 à 320 kilomètres. Le Khangchendzonga (ou Kanchenjunga) dans l’Etat du Sikkim : 8 598 mètres. C’est le troisième plus haut sommet du monde.
3 grandes entités géographiques
Malgré ses 3 287 590 km² (soit 6 fois la France) qui en font le septième plus grand pays du monde, l’Inde peut se résumer à trois grandes entités géographiques : la chaîne de l’Himalaya à l’extrême nord, l’immense plaine septentrionale et le plateau du Deccan qui occupe toute la partie sud du territoire.
Il convient néanmoins de mentionner également deux zones particulières, toutes deux situées à l’ouest et frontalières du Pakistan :
le désert de Thar au Rajasthan, aride.
le Rann de Kutch au Gujarat, vaste étendue inondée pendant la mousson et désertique pendant la saison sèche.
A l’extrême nord du pays s’élève l’Himalaya, mot qui signifie en sanskrit « séjour des neiges ». Ce massif montagneux qu’on surnomme le « toit du monde » est à la fois le plus jeune et la plus haut de la planète. Le début de sa création date de la fin de l’ère secondaire, il y a environ 65 millions d’année, quand l’Inde qui était alors une île immense commença à s’encastrer sous l’Asie, ou plus exactement sous la plaque eurasiatique. Cette monstrueuse collision n’est pas achevée et l’Himalaya continue de s’élever au rythme de 8 mm par an.
D’une largeur comprise entre 150 et 350 km, l’Himalaya s’étire d’ouest en est sur 2 500 km, séparant l’Inde de la Chine et, dans une moindre mesure, du Népal et du Bhoutan. C’est bien sûr dans cette région que se situe le point culminant de l’Inde, le Kanchenjunga dans l’Etat du Sikkim. Avec ses 8 598 mètres, c’est le troisième plus haut sommet du monde après deux autres sommets également himalayens, l’Everest et le K2.
Le sud du massif est formé par les monts Siwalik. N’excédant pas les 1 500 mètres, ils surplombent la plaine septentrionale.
La plaine septentrionale s’étend d’ouest en est du Pakistan au Bangladesh, se prolongeant même dans la partie la plus orientale de l’Inde jusqu’au Myanmar (ex-Birmanie). Elle est formée par les bassins des trois grands fleuves du sous-continent indien qui prennent tous trois leur source dans l’Himalaya : l’Indus (3 040 km) qui coule principalement au Pakistan, le Gange (3 090 km) et le Brahmapoutre (2 900 km). C’est une plaine peu élevée dont la plus grande partie ne dépasse pas les 100 mètres d’altitude. Elle est de plus extrêmement plate, le dénivelé entre Delhi et le golfe du Bengale où se jettent le Gange et le Brahmapoutre atteignant seulement 200 mètres.
Le sud de la plaine est marqué par l’apparition de quelques chaînes de moyenne montagne, les monts Aravalli, les monts Vindhya et les monts Satpura.
Au sud du fleuve Narbada (1 290 km) qui se jette dans le golfe de Cambay, on entre sur le plateau du Deccan, entouré des Ghats. Le plateau du Deccan occupe la presque totalité du sud du pays, soit la péninsule indienne proprement dite. Ce très vieux plateau d’origine précambrienne, c’est-à-dire datant d’environ 500 millions d’années, forme un ensemble dont l’altitude varie entre 450 et 1 200 mètres.
Le plateau du Deccan est bordé à l’ouest et à l’est de chaînes montagneuses, les Ghats, mot qui en sanskrit signifie « marche d’escalier ». Les Ghats suivent l’inclinaison du plateau, nettement plus élevé dans sa partie occidentale. C’est ainsi que les Ghats occidentaux atteignent des altitudes comprises entre 1000 et 2 400 mètres avant de plonger brusquement vers la mer d’Oman en ne laissant que peu de place pour la plaine littorale. Pour leur part, les Ghats orientaux ne culminent qu’à 600 mètres et permettent l’existence d’une plaine côtière importante constituée en grande partie autour des embouchures des grands fleuves du sud. Suivant eux aussi l’inclinaison ouest-est du Deccan, ces fleuves coulent tous selon cette orientation et se jettent donc dans le golfe du Bengale. Les plus importants sont la Godavari (1 500 km) et la Krishna (1 280 km).
Notons enfin que les Ghats occidentaux et orientaux se rejoignent à l’extrême sud de l’Inde pour former les Nilgiri Hills dont certains sommets dépassent les 2 000 mètres.
ECONOMIE
Sous bien des aspects, l’Inde est un pays de paradoxes et l’économie n’échappe pas à la règle. Ainsi, alors que l’assouplissement du protectionnisme et le passage à l’économie de marché en 1991 ont permis à l’Inde d’entrer peu à peu dans le clan des grandes puissances mondiales, plus d’un quart de sa population (soit environ 300 millions de personnes !) vit toujours sous le seuil de pauvreté et la croissance exemplaire du pays (plus de 5% par an) ne semble pas pouvoir endiguer ce phénomène.
D’autre part, le formidable essor industriel que connaît l’Inde d’aujourd’hui ne l’empêche pas de rester avant tout un pays majoritairement rural.
L’agriculture occupe encore en effet 60% de la population active et assure 25% du PNB. C’est à partir du milieu des années 1960, sous le gouvernement d’Indira Gandhi, que l’agriculture a bénéficié d’un plan de développement important connu sous le nom de « révolution verte ». Il s’agissait de rendre le pays auto-suffisant en matière de nourriture. Diverses mesures furent prises concernant entre autres l’élaboration de semences à haut rendement et l’encouragement à l’utilisation d’engrais et de pesticides.
La « révolution verte » fut en partie couronnée de succès et la balance agricole indienne est aujourd’hui excédentaire. Plus de la moitié de la production agricole est constituée par les céréales et l’Inde est le 2ème producteur mondial de riz et le 4ème producteur de blé. On la trouve à la 1ère place pour le thé, les bananes, le sucre brut et à la 3ème place pour le tabac et le coton. Elle est également très bien placée pour le maïs, l’orge, le soja, les pommes de terre et le caoutchouc naturel.
Cependant bien des progrès restent à faire en particulier en matière d’irrigation et de répartition des terres : les paysans indiens ne possèdent pour la plupart que de très petites exploitations et ne peuvent faire face à la production industrialisée dirigée par une minorité d’agriculteurs plus aisés.
Pour sa part, l’industrie emploie 17% de la population active et représente 25% du PNB. En s’appuyant sur les richesses de son sous-sol, et en particulier sur le charbon, le fer et la bauxite, l’Inde a su développer dès son indépendance en 1947 une industrie métallurgique et sidérurgique puissante. Dans le même temps, la traditionnelle culture du coton a été utilisée pour créer une industrie textile très dynamique. Aujourd’hui, ces deux secteurs restent les plus vigoureux de l’industrie indienne. L’Inde est ainsi un gros producteur de moyens de transport (voitures, trains, scooters, vélos...), de machines et de moteurs ainsi que l’un des plus importants pays producteurs d’articles textiles non seulement en coton, mais aussi en laine, en soie ou en tissus synthétiques.
A ces industries, il faut ajouter l’industrie agroalimentaire liée aux richesses agricoles du pays et l’industrie chimique et pharmaceutique.
L’excellence des Indiens dans le domaine scientifique permet également à l’Inde de disposer de belles industries de pointe. Plus encore que l’aéronautique, le spatial (fusées, satellites) et le nucléaire, c’est l’informatique qui domine cette catégorie et l’Inde est actuellement le 2ème producteur mondial de logiciels.
Enfin, sur le plan énergétique, l’Inde occupe une position enviable. Outre la richesse de ses gisements de charbon, elle dispose de très belles réserves pétrolières de plus en plus exploitées. C’est ainsi que les centrales thermiques représente plus de 80% de la production d’électricité. Le reste de l’électricité est produit par un important équipement hydroélectrique (environ 15% de la production) et par une dizaine de centrales nucléaires. Ainsi équipée, l’Inde se place parmi les 10 plus grands producteurs mondiaux d’électricité et fournit environ 95% de ses besoins.
Aujourd’hui, c’est le secteur tertiaire qui assure la plus grande part du PNB (50%) en n’employant cependant que 23% de la population active. Hormis une administration et une bureaucratie particulièrement lourdes, le secteur des services recouvre des réalités très différentes. C’est ainsi que le commerce est partagé entre une infinité de petits magasins très modestes et de plus en plus de centres commerciaux modernes mais nettement plus chers.
Dans ce domaine, il faut noter l’importance du tourisme, l’Inde accueillant environ 2,5 millions de visiteurs chaque année.
Malgré la fin du protectionnisme et des résultats positifs dans de nombreux domaines, le commerce extérieur de l’Inde reste déficitaire avec 55 milliards de dollars d’importations contre 45 milliards de dollars d’exportations. Les principaux partenaires commerciaux de l’Inde sont les Etats-Unis, l’Union Européenne (en particulier le Royaume-Uni), le Japon et la Chine.
FAUNE & FLORE
Au fil des siècles et malgré le statut quasi-sacré qu’ont les arbres pour les Indiens, une déforestation abusive a considérablement amoindri les forêts qui s’étendaient autrefois sur l’ensemble du territoire de l’Inde.
Aujourd’hui ces forêts ne couvrent plus qu’environ 15% de la superficie totale du pays.
Si la jungle tropicale arrive à se maintenir en particulier sur les parties les moins élevées des Ghats occidentaux ainsi que dans l’Assam, l’essentiel du domaine forestier est désormais situé dans les zones de moyenne montagne et dans l’Himalaya.
C’est ainsi que dans les zones élevées des Ghats occidentaux, on trouvera de belles forêts de tecks, de santals, d’ébènes, de bois de rose auxquelles se mêlent des étendues de bambous.
L’Himalaya propose deux types de forêts. A l’est, on rencontrera surtout des forêts de lauriers, de rhododendrons, d’érables alors qu’à l’ouest prédominent des arbres très européens comme le marronnier, le peuplier, le bouleau. Dans toutes les forêts himalayennes, les conifères sont nombreux. D’autre part, les sous-bois regorgent de fleurs dont on dénombre au moins 4 000 espèces parmi lesquelles la gentiane, l’edelweiss et de nombreuses variétés d’orchidées.
Notons encore que la plaine du Gange présente encore malgré l’avancée du peuplement et de l’agriculture de belles forêts de sals, ce grand arbre au bois précieux que l’on retrouve dans de nombreuses régions de l’Inde du Nord. Parmi les arbres très répandus en Inde, il faut également citer le banian, un grand figuier d’Asie.
D’autre part, les plaines fluviales de la côte Est et en particulier l’immense delta du Gange permettent le développement d’une épaisse mangrove constituée en particulier de palétuviers.
Enfin, les zones les plus chaudes (déserts de l’Ouest, centre du Deccan) sont le lieu d’une végétation xérophile, c’est-à-dire adaptée au climat aride, composée principalement d’acacias et de khejris.
Avec environ 350 espèces de mammifères, 600 espèces de reptiles et d’amphibiens, 1200 espèces d’oiseaux, 15 000 espèces d’insectes, c’est peu de dire que la faune indienne est riche.
Parmi les grands mammifères, il faut bien sûr citer d’abord le tigre et l’éléphant, animaux probablement les plus représentatifs de l’Inde. Cependant celle-ci abrite également des panthères, des lions et différentes espèces de léopards, dont le célèbre léopard des neiges qu’on peut apercevoir dans l’Himalaya. A côté de ces félins, s’imposent le rhinocéros unicorne et plusieurs variétés d’ours bruns et noirs. Les mammifères sont aussi représentés par le yack, le khur (âne sauvage), le gaur (bison indien), le dhole (chien sauvage), le loup, le sanglier, la mangouste, l’écureuil géant. On pourra aussi voir de nombreuses variétés de cerfs (hangul, sambar, muntjac, chevrotain, barasingha) et d’antilopes (nilgaï, black buck, antilope à 4 cornes ou chowsingha) ainsi que des chitals (daims tachetés) et des chinkaras (gazelles indiennes).
Du côté des singes, les plus présents sont les macaques rhésus et les bonnets chinois. Plus rarement, on apercevra des langurs et des entelles.
Les reptiles sont dominés par le cobra et le python auxquels il faut ajouter le crocodile et la tortue.
Enfin, les oiseaux sont extrêmement nombreux. Aux oiseaux indigènes comme le paon, symbole de l’Inde, la chouette pêcheuse, le calao ou la spatule des Malabars viennent s’ajouter en hiver des multitudes d’oiseaux migrateurs en provenance de Chine et de Sibérie (grues de Sibérie, cigognes, oies...)
Afin de protéger ce patrimoine naturel exceptionnel mais composé de nombreuses espèces menacées, l’Inde dispose aujourd’hui de plus de 500 réserves naturelles et parcs nationaux qui couvrent environ 5% du territoire.
Le plus célèbre d’entre eux est probablement le Jim Corbett National Park (Uttaranchal) situé au pied de l’Himalaya. Il abrite de très nombreuses espèces dont des tigres, des éléphants, des léopards, des ours, des chitals et des cerfs. Il possède en outre un parc de crocodiles et de tortues géantes, sans oublier la présence de nombreux oiseaux.
Il faut également citer le Ranthambore National Park (Rajasthan) peuplé de nombreux tigres facilement visibles, d’ours paresseux (« sloth bear »), de hyènes, de chitals, de sambars et de chinkaras. Les lacs de ce parc abritent une importante population de crocodiles.
Si les tigres sont présents dans de nombreuses réserves, c’est au Sunderbans Wildlife Sanctuary (Bengale-Occidental) établi dans le delta du Gange qu’ils sont le plus nombreux.
En ce qui concerne les éléphants souvent utilisés pour visiter les réserves, on les retrouvera à l’état sauvage dans le Periyar Wildlife Sanctuary (Kerala) et dans le Mudumalai National Park (Tamil Nadu) qui fait partie de la vaste Nilgiri Biosphere Reserve.
Pour leur part, les rhinocéros unicornes sont installés dans le Kaziranga National Park (Assam) et dans le Jaldhapara Wildlife Sanctuary (Bengale-Occidental) alors que les derniers lions d’Asie vivent dans le Sasan Gir National Park (Gujarat).
Signalons enfin que le Keoladeo Ghana National Park situé à Bharatpur au Rajasthan constitue la plus grande réserve ornithologique d’Inde avec 350 espèces d’oiseaux représentées. Parmi les centaines de milliers d’oiseaux qu’héberge cette réserve, on découvrira en hiver de très nombreux oiseaux migrateurs venus de Chine et de Sibérie (grues de Sibérie, cigognes, hérons, oies...). Parmi les autres réserves ornithologiques, citons le Vedantangal Bird Sanctuary (Tamil Nadu) et le Calimere Bird Sanctuary (Tamil Nadu) tout particulièrement dédiés aux oiseaux aquatiques : cormoran, héron, pélican, spatule blanche, grèbe, aigrette, flamant...
ECOLOGIE
Pollution de l’eau, pollution atmosphérique, déforestation, la situation environnementale de l’Inde d’aujourd’hui est extrêmement préoccupante.
La question de l’eau est en passe de devenir cruciale. Bon nombre de fleuves et de rivières ainsi que de plus en plus de nappes phréatiques sont désormais pollués à la fois par les produits chimiques largement utilisés dans l’agriculture depuis la « révolution verte », par les rejets industriels non contrôlés et par les eaux usées non traitées en raison de l’insuffisance ou de l’inadaptation des système d’égouts et d’épuration. Ainsi contaminée, l’eau est à même de propager des maladies telles que le choléra ou l’hépatite et sa gestion devient un vrai problème de santé publique. Bien que les autorités soient conscientes du danger, elles se heurtent à de nombreux obstacles (manque d’organisation, moyens financiers insuffisants, corruption...) dans leurs tentatives d’amélioration de la situation.
Du côté de l’air, la situation n’est pas bonne non plus, du moins dans les grandes villes. Les deux raisons principales de cette pollution atmosphérique sont les rejets d’usines et les gaz d’échappement liés à la circulation automobile.
Le développement industriel n’a pas été accompagné de mesures concernant l’environnement et l’on trouvait par exemple de nombreuses usines polluantes à l’intérieur même de Delhi. Récemment, ces usines ainsi que celles d’Agra ont été fermées suite à une décision de la Cour suprême. Des mesures ont également été prises pour restreindre la pollution automobile (interdiction des véhicules trop anciens, utilisation du gaz naturel comme carburant...) mais leur mise en oeuvre laisse encore à désirer.
Enfin, si la déforestation existait en Inde avant l’indépendance, elle n’a cessé d’augmenter avec l’accroissement de la population. Plusieurs millions d’Indiens utilisent en effet le bois comme combustible domestique. D’autre part, pour satisfaire à une demande grandissante, l’agriculture a nécessité de plus en plus de terrains, le plus souvent gagnés sur les forêts. C’est ainsi que celles-ci ne couvrent plus aujourd’hui que 15% du territoire. La situation est particulièrement inquiétante dans l’Himalaya où la déforestation favorise largement les inondations meurtrières qui touchent chaque année, pendant la mousson, les plaines du Bihar et du Bengale-Occidental.
POPULATION & RELIGION
La population indienne est estimée à plus d’un milliard de personnes (2ème plus haute démographie mondiale après la Chine) dont environ 70% vivent dans les campagnes. Mumbai (Bombay) est la ville la plus peuplée avec 14 millions d’habitants, puis suivent Calcutta (12 millions), Delhi (11 millions) et Chennai (Madras) avec ses 5 millions de citadins.
Langue Officielle
La Constitution de l’Inde reconnaît 18 langues officielles.
La langue nationale et le Hindi (qui utilise l’alphabet devanagri) parlé par 45% de la population et utilisée officiellement par le Gouvernement. Mais cette langue est essentiellement utilisée dans la partie nord de l’Inde même si il est largement compris à travers le pays (excepté dans quelques Etats de l’Inde du Sud).
L’anglais reste la langue de communication couramment parlée par les personnes ayant reçu une certaine éducation, par les commerçants, sur les sites touristiques, dans les hôtels et les universités.
Attention :les accents sont très variables et rendent parfois les paroles incompréhensibles !
Langue parlée
Il existe aussi beaucoup d’autres langues régionales et une pléthore de dialectes.
Peuple
La population indienne est composée de plusieurs milliers d’ethnies différentes. Néanmoins, elle peut être divisée en deux grands groupes, les Indo-Aryens et les Dravidiens. Les Dravidiens formaient la première civilisation indienne, la civilisation de l’Indus, et furent refoulés vers le sud du territoire par l’arrivée des Aryens venus d’Asie Centrale au cours du 2ème millénaire avant J.-C.
Aujourd’hui, la population indienne est composée de 72% d’Indo-Aryens et de 25% de Dravidiens. On y compte également une minorité d’origine mongoloïde.
Religion
En Inde, la religion est un mode de vie, elle fait partie intégrante de la tradition.
Les principales religions pratiquées sont l’hindouisme (81%), l’islam (13%) et le christianisme (3%). Le bouddhisme qui est originaire du nord de l’Inde est pratiqué à l’heure actuelle par les populations proches de la frontière tibétaine et par les Tibétains qui se sont déplacés lors de la conquête du Tibet par la Chine et quelques intouchables qui se sont convertis en suivant Bhimrao Ramji Ambedkar.
Elle abrite également l’une des plus confidentielle : le jaïnisme : doctrine de la non-violence fondée sur des enseignements très anciens provenant de divers instructeurs dont le dernier, Mahavira (599-527 av J-C, statue ci-contre), est souvent considéré comme "le" fondateur.
Enfin le sikhisme compte plus de 18 millions de fidèles. Fondée par le Gourou nanak à la fin du 15ème siècle en réaction au système des castes et au rite brahmanique dominant, cette religion tente de réaliser une synthèse de l’hindouisme et de l’islam. Si les Sikhs sont présents partout en Inde, ils sont les plus nombreux au Punjab.
FETES ET FESTIVALS
Fêtes Nationales
L’Inde est une "terre de fêtes". Ma plupart de ces fêtes et jours fériés suivent le calendrier lunaire indien ou les calendriers musulman et chrétien. Par conséquent, ces dates changent d’une année sur l’autre.
Toutefois, certaines fêtes nationales restent à date fixe :
25 décembre : Noël
1er janvier : Jour de l’An
26 janvier : jour de la République
11 mai : Bouddha Purnima
15 août : jour de l’Indépendance
2 octobre : anniversaire de Mahatma Gandhi
4 novembre : anniversaire de Guru Nanak
Calendrier des Fêtes
La plupart des fêtes sont religieuses et seraient plus nombreuses que les jours du calendrier et changent de date chaque année. Nous vous donnons donc une date approximative des principales fêtes.
Pongal, le Nouvel An Tamoul (janvier)- Losar, le Nouvel An pour les Bouddhistes (janvier-février) - le Nouvel An au Kerala (avril)- Holi, fête des couleurs en (mars)- Dusserah, fête de Dieux (septembre/octobre)- Diwali, fête des Lumières (octobre/novembre)...
Il ne faut pas également oublier les différentes fêtes musulmanes : fin du ramadan, Aïd , anniversaire du prophète...
Des informations précises sont fournies dans Voyages à Thème, et dans la rubrique « Fêtes&festivals » de chaque programme détaillé.
HISTOIRE
La civilisation de la Vallée de l’Indus
400 000 ans avant J.-C., l’Inde était déjà peuplée. Des découvertes archéologiques réalisées aussi bien dans la région de Madras que dans la vallée de l’Indus le prouvent.
Tout au long du paléolithique, la présence humaine s’est développée dans le centre et le sud du pays. Cependant, c’est au nord que l’évolution fut la plus importante : le site de Mehrgarh situé aujourd’hui dans le Baloutchistan pakistanais est d’ailleurs reconnu comme l’un des lieux les plus importants du néolithique. Occupée à partir du VIIIème millénaire avant J.-C., Mehrgarh vit apparaître une véritable économie agricole diversifiée (blé, orge, élevage de chèvres, de moutons, de bovins), l’utilisation de la brique pour la construction, l’usage de la céramique puis des métaux.
Au cours du IVème millénaire avant J.-C., l’essor de Mehrgarh et des techniques nouvelles va favoriser l’installation d’agglomérations dans la vallée du fleuve Indus et conduire peu à peu à l’émergence de la première grande civilisation indienne.
L’écriture pictographique encore non déchiffrée de cette « civilisation de l’Indus » ne nous permet pas d’avoir une bonne connaissance de cette époque qui connut son apogée entre 2500 et 1800 avant J.C. On sait néanmoins qu’elle est marquée par une architecture urbaine importante attestée en particulier par les villes de Mohenjo-Daro dans le Sind pakistanais et par Harappa dans le Pendjab. D’autres sites comme celui de Lothal dans le Gujarat montrent que cette civilisation se répandit bien au-delà du bassin de l’Indus.
L’économie y était fondée sur l’agriculture qui bénéficiait déjà de techniques d’irrigation. A côté de la culture du blé et de l’orge, il faut ajouter celle des fruits, de certains légumes et du coton. Il est également certain que des échanges commerciaux existaient avec les régions du Golfe Persique et avec la Mésopotamie.
Enfin, il est intéressant de noter que la religion de cette civilisation semble déjà préfigurer l’hindouisme. Plusieurs éléments (figurines, poteries) indiquent en effet que le culte était articulé autour d’un Grand Dieu et d’une Grande Mère, figures primitives de Shiva et de Parvati.
Epoque Aryano-védique
C’est sans doute à partir de 1800 avant J.-C. que les Aryens, peuple venu des alentours de la mer Caspienne, commencèrent à arriver dans la vallée de l’Indus. Conquête guerrière ou intégration paisible, les experts s’affrontent encore sur ce sujet. Toujours est-il que les Aryens imposèrent peu à peu leur civilisation aux habitants de l’Inde du Nord.
Ils apportaient en particulier une nouvelle religion, le védisme, à l’origine de l’hindouisme. Les Veda, textes dont la transmission orale était la base du védisme, allaient bientôt être fixés dans la langue aryenne, le sanskrit. En compagnie des Upanishad écrits entre 700 et 300 avant J.-C., ils constituent les textes sacrés de l’hindouisme.
Les Aryens sont également à l’origine d’une nouvelle hiérarchie sociale, le système des castes, dominée par les prêtres, les brahmanes.
Après avoir étendu leur influence jusqu’aux monts Vindhya, les Aryens s’installent dans la vallée du Gange à partir du VIIème siècle avant J.-C. Cette phase d’expansion coïncide avec un changement d’organisation important : l’union de différentes tribus aryennes permet l’apparition de royaumes puis d’Etats.
Au VIème siècle avant J.-C., le plus puissant d’entre eux est l’Etat du Magadha, dans le nord-est de l’Inde. Centré sur la ville de Pataliputra - l’actuelle Patna dans la région du Bihar -, le Magadha possède le contrôle du Gange et, par conséquent, celui du commerce.
Alors que l’Inde se transforme politiquement, elle se modifie aussi religieusement avec l’émergence du jaïnisme de Mahariva et surtout du bouddhisme de Shakyamuni ou Siddharta Gautama, le Bouddha. Ces deux mouvements philosophiques et religieux remettent en particulier en cause le système des castes.
C’est encore de cette époque, aux alentours du Vème siècle avant J.-C., que datent les deux grands textes épiques indiens, le Mahabharata et le Ramayana.
Alexandre Le Grand
En 326 avant J.-C., l’Inde est victime d’une tentative d’invasion de la part d’Alexandre le Grand. Ses troupes épuisées refusent de s’aventurer au-delà de l’Etat actuel de l’Himachal Pradesh et, dès 325, Alexandre rebrousse chemin, laissant néanmoins derrière lui des colonies grecques.
L’Empire Maurya
C’est à partir de la retraite d’Alexandre que l’Etat du Magadha va prendre toute sa puissance. Gouverné par les Nanda qui règnent alors sur un territoire immense allant du Pendjab au Bengale, le Magadha passe aux mains des Maurya lorsque le premier d’entre eux, Chandragupta, prend le pouvoir en 321 avant J.-C. Dès lors, la constitution du premier empire indien, l’empire Maurya, est en route.
Il connaîtra son apogée sous le règne d’Ashoka entre 273 et 232 avant J.-C. L’empire atteint des dimensions impressionnantes : il comprend toute l’Inde actuelle à l’exception de l’extrême sud, ainsi que la province pakistanaise du Baloutchistan et l’Afghanistan. C’est un empire à l’administration rigoureuse, organisé en provinces et en districts, doté d’une armée puissante : un récit évoque les chiffres de 9 000 éléphants, 30 000 cavaliers, 600 000 fantassins ! D’autre part, Ashoka se convertit au bouddhisme et en fait la religion officielle de l’empire, diminuant du même coup le pouvoir des brahmanes et facilitant l’unité impériale.
La stabilité de l’empire pendant le règne d’Ashoka favorise aussi le développement des arts dont témoigne entre autres les vestiges de Pataliputra, la capitale impériale. A ce titre, l’empire Maurya est considéré comme le premier âge d’or de l’Inde.
Mais, malgré sa solidité apparente, l’empire ne survit pas à la mort du grand empereur et, dès la disparition du dernier des Maurya en 184 avant J.-C., l’Inde se morcelle à nouveau en de nombreux royaumes plus ou moins importants.
Les Shunga succèdent aux Maurya et dirigent ce qu’il reste de l’empire, c’est-à-dire la région du Bihar, en bordure du Gange.
Le Sud est contrôlé par les Andhra qui ont laissé leur nom à l’Etat actuel de l’Andhra Pradesh.
L’extrême Sud qui n’avait jamais appartenu à l’empire Maurya demeure partagé entre différents royaumes tamouls, ceux des Chola, des Pandya et des Chera.
C’est au nord-ouest de l’Inde que la situation est la plus confuse. Alors que les descendants grecs d’Alexandre fondent les royaumes de Bactriane en Afghanistan puis du Pendjab, cette région voit également arriver des Scythes, des Parthes, des Iraniens, des Chinois et naturellement des Indiens. Les cultures et les religions de ces différents peuples se mélangent et donnent naissance à la civilisation particulière du Gandhara, province actuelle de Peshawar au Pakistan. Cette civilisation parfois nommée gréco-bouddhique est en particulier caractérisée par l’apparition des représentations sculptées de Bouddha.
La première tentative de réunification de l’Inde est menée par de nouveaux envahisseurs venus d’Asie Centrale, les Kushana. Ceux-ci parviennent à reconstituer un empire qui couvre une grande partie du nord de l’Inde, joignant la vallée de l’Indus à celle du Gange. Ce nouvel empire connaît son apogée sous le règne de Kanishka qui monte sur le trône en 78 après J.-C. Cette époque est marquée par un renouveau du bouddhisme fortement contesté au cours des deux siècles précédents. On y assiste également à un grand développement des sciences en général et tout spécialement des mathématiques.
Après la mort de Kanishka, l’empire Kushana périclite peu à peu et sera définitivement renversé au IIIème siècle par les Sassanides venus d’Iran.
L’Empire Gupta
Alors qu’au sud que le royaume des Andhra perd de sa puissance au profit des Pallava de l’extrême Sud dont la puissance s’accroît grâce au commerce avec l’Asie du Sud-Est, c’est au Nord, toujours dans la région du Bihar, que va naître une nouvelle dynastie, la dynastie Gupta. Fondée en 320 par Chandragupta Ier qu’il ne faut pas confondre avec Chandragupta Maurya, fondateur de l’empire Maurya, la dynastie Gupta va rapidement construire un empire important réunissant l’Inde du Nord, la vallée du Gange et une partie de l’Inde du Centre. La capitale de cet empire est de nouveau Pataliputra.
Connaissant son apogée sous le règne de Chandragupta II (375-413), la période Gupta est à la fois une époque de prospérité économique et de développement culturel. Sur le plan artistique, elle marque le sommet du développement du classicisme indien.
Le règne des Gupta voit aussi le bouddhisme perdre peu à peu de son importance au profit de la renaissance de l’hindouisme.
L’empire Gupta va prospérer jusqu’au Vème siècle avant de succomber aux invasions des Huns Blancs ou Hephthalites venus d’Asie Centrale. Contraints de quitter l’Inde au milieu du VIème siècle, les Huns laissent derrière eux un territoire à nouveau morcelé en une pléthore de royaumes.
Les deux nouvelles tentatives d’unification du territoire vont échouer :
au Nord, à partir de 606, le roi Harsha parvient à fonder un puissant royaume dans la vallée du Gange. Mais ce royaume ne survit pas à la mort de son créateur en 647. Il se divise alors en petits Etats dont les rivalités dureront jusqu’au XIème siècle. Dans le même temps, le nord de l’Inde verra la résurgence de dynasties anciennes comme les Pala du Bengale ou les Rajput du Rajasthan.
dans le Centre, les Chalukya dominent le Deccan et plus particulièrement l’actuel Karnataka de 550 à 753. Renversés par les Rashtrakuta, ils reprennent le pouvoir de 972 à 1190. Malgré la taille de leur territoire et la longueur de leur règne, les Chalukya ne parviennent pas à créer un véritable empire indien.
Au Sud, le VIème siècle marque le début de la domination des Pallava. Elle durera jusqu’au IXème siècle avant de céder devant la dynastie Chola qui, sous le règne de Raja Raja (915-1014), contrôlera non seulement l’Inde méridionale mais aussi une partie du Deccan ainsi que Ceylan.
Notons que c’est la puissance maritime de ces deux dynasties qui a permis à la civilisation et à l’art indiens de s’exporter à cette époque vers l’Asie du Sud-Est (Birmanie, Cambodge, Indonésie...)
Arrivée de l’Islam
Les musulmans venus d’Afghanistan étaient présents au nord-ouest de l’Inde, ayant envahi le Sind, c’est-à-dire le sud du Pakistan actuel, dès le début du VIIIème siècle. Longtemps contenues, leurs attaques vont se faire plus nombreuses et pressantes dès le début du XIème siècle. Dirigés par le Turc Mahmud de Ghazni, fondateur de la dynastie des Ghaznévides, les musulmans ravagent le nord de l’Inde. Lorsque Mahmud meurt en 1030, de nombreuses villes dont Mathura et Kanauj ont été pillées et le Pendjab est déjà sous contrôle. Hormis le pillage de Varanasi (Bénarès) en 1033, cette première vague d’invasion turque va alors s’arrêter.
La seconde vague ne commence qu’un siècle et demi plus tard avec à sa tête Mohammed de Ghur. En 1191, celui-ci conquiert définitivement le Pendjab puis la ville d’Ajmer au Rajasthan malgré la résistance des Rajput. De son côté, son général Qutb-ud-Din s’enfonce dans la plaine du Gange et s’empare de Delhi en 1193. Varanasi est conquise dès 1194. La progression vers l’est est très rapide et le Bengale tombe sous domination musulmane en 1202.
Le Sultanat de Delhi
C’est en 1206 que le sultanat de Delhi est officiellement créé. Qutb-ud-Din en est le premier sultan. Il fonde la dynastie des Mamelouks, dite dynastie des Esclaves, qui règne de 1206 à 1290. Quatre autres dynasties suivront : les Khalji (1290-1320), les Tughluq (1320-1414), les Sayyid (1414-1450) et les Lodi (1451-1526).
Si les musulmans s’implantent alors en Inde pour de nombreux siècles, leur puissance sera l’objet à la fois d’attaques extérieures et de la résistance de certains royaumes hindous. Elle devra faire face également à de nombreuses rivalités internes.
Néanmoins, les Mamelouks affirment la suprématie du sultanat de Delhi sur le nord de l’Inde en écrasant les Etats hindous de la région.
Avec les Khalji, les musulmans commencent leur conquête du sud. Après avoir conquis le Gujarat en 1299, ils s’emparent du Rajasthan en 1310. Dès cette époque, des hindous sont associés au gouvernement. Il est intéressant de noter que cela donne lieu à l’apparition d’une langue nouvelle, l’ourdou, qui est aujourd’hui la langue du Pakistan.
C’est au début du règne des Tughluq que le sultanat atteint son apogée. En 1327, l’avancée territoriale est telle qu’une nouvelle capitale est créée à Daulatabad dans le Maharashtra. Cependant, la suprématie musulmane est contestée dès 1336 par la création d’un royaume hindou connu sous le nom d’empire de Vijayanagar, du nom de sa capitale, aujourd’hui Hampi dans le Karnataka. La domination de cet empire sur le sud de l’Inde ne sera limitée que par le royaume musulman Bahmani qui voit le jour en 1347 à la suite d’un conflit opposant des nobles musulmans au sultan de Delhi.
C’est ainsi que dès le milieu du XIVème siècle le Deccan se trouve partagé en deux royaumes ennemis. Si les Vijayanagar et les Bahmani ne vont pas cesser de s’affronter jusqu’au XVIIème siècle, leur présence va empêcher toute progression supplémentaire du sultanat de Delhi qui, au contraire, doit abandonner progressivement tous les territoires conquis dans le sud de l’Inde et se replier vers le nord.
En 1398, la faiblesse du sultanat en proie à une guerre civile permet à l’empereur turc Timur Lang (Tamerlan) d’envahir facilement le nord-ouest de l’Inde. Son attaque sur Delhi laisse derrière elle une ville détruite et ruinée.
Le sultanat de Delhi ne se remettra jamais de cette invasion et, lorsque les Sayyid prennent le pouvoir en 1414, le nord de l’Inde est à nouveau divisée en plusieurs petits Etats. Il faut attendre l’avènement des Lodi en 1451 pour qu’une nouvelle volonté unificatrice apparaisse et permette la reconquête de l’Inde du Nord. En 1504, la capitale est déplacée de Delhi à Agra afin de faciliter l’expansion du territoire vers le sud.
Notons que c’est à cette époque, en 1498 précisément, que le Portugais Vasco de Gama débarque à Calicut, aujourd’hui Kozhikode, sur la côte de Malabar, côte sud-ouest du Deccan. Si la présence occidentale demeure pour l’heure extrêmement faible, les Portugais occupent néanmoins Goa à partir de 1510.
L’Empire Moghol
Mais le sultanat vit ses dernières heures et va bientôt laisser la place aux Moghols, dynastie musulmane d’origine turque dont les six premiers empereurs de Babur à Aurangzeb sont connus sous le nom de « Grands Moghols ».
Conduits par Babur, descendant de Tamerlan par son père et de Genghis Khan par sa mère, les Moghols s’emparent de Lahore en 1524. La conquête est très rapide et le dernier des Lodi est défait lors de la bataille de Panipat qui prélude à la chute de Delhi en 1526. Dans un premier temps, Babur étend son territoire sur la quasi-totalité du nord du pays. Mais son fils, Humayun, va se heurter au chef afghan Sher Shah. Contraint à l’exil en 1543, Humayun ne revient en Inde qu’en 1555. Il faut attendre l’accession au trône de son fils Akbar en 1556 pour que l’empire moghol prenne toute sa dimension.
Au pouvoir jusqu’à sa mort en 1605, Akbar fut certainement le plus grand des empereurs moghols. Excellent militaire, il ne cesse d’agrandir l’empire en conquérant la totalité de l’Inde du Nord. Esprit tolérant et fin politique, il favorise le rapprochement entre les musulmans et les hindous, ayant compris qu’il est impossible d’administrer l’Inde sans le concours de ces derniers. Il encourage également l’émergence d’un art mêlant les influences des deux peuples dont le Fort Rouge d’Agra, première capitale de l’empire, ou la ville de Fathpur-Sikri, capitale entre 1569 et 1586, constituent des exemples parfaits.
Même s’il n’en est pas directement responsable, c’est également sous son règne que la situation change dans le sud de l’Inde. En effet, les cinq royaumes issus de la division du royaume Bahmani en 1489 parviennent à s’entendre pour venir à bout de l’empire Vijayanagar. L’alliance atteint presque son but en 1565 lors de la bataille de Talikota. Cependant, ce n’est qu’en 1645 que l’empire hindou disparaîtra définitivement. Pour leur part, les royaumes bahmanis seront progressivement annexés par les Moghols.
En 1605, Jahangir, fils d’Akbar, succède à son père. Son règne est principalement marqué par des attaques venues de l’extérieur et des rébellions dont celle de son fils, le prince Kurram, qui lui succède néanmoins en 1627 sous le nom de Chah Jahan.
C’est également à cette époque que les Anglais qui ont créé l’East India Company (Compagnie des Indes orientales) en 1600 ouvrent leur premier comptoir, celui de Surat dans le Gujarat.
Chah Jahan règne de1627 à 1658. On lui doit les plus grandes réussites architecturales de l’empire moghol dont l’une des merveilles du monde, le Taj Mahal à Agra, mausolée qu’il fait construire en l’honneur de son épouse, Mumtaz Mahal.
S’il continue d’ouvrir l’Inde vers l’extérieur en autorisant les Anglais à fonder le comptoir de Chennai (Madras) en 1639, Chah Mahan se coupe de la société indienne en rompant avec la tolérance religieuse initiée par Akbar et en favorisant les musulmans au détriment des hindous.
Son fils, Aurangzeb, qui le destitue et lui succède en 1658, sera le dernier des « Grands Moghols ». Durant son long règne qui dure jusqu’en 1707, le mécontentement du peuple ira grandissant. Deux raisons en sont la cause. D’une part, Aurangzeb se montre encore plus intolérant que son père, interdisant par exemple la construction de nouveaux temples hindous et poussant parfois le fanatisme religieux jusqu’à détruire des temples existants pour les remplacer par des mosquées. D’autre part, sa volonté d’étendre le territoire de l’empire vers le sud l’amène à lever des impôts extrêmement lourds destinés à entretenir son armée.
S’il parvient à soumettre de nombreux royaumes indépendants du sud, il ne cesse de se heurter aux Marathes, peuple hindou issu du Maharashtra, qu’il n’arrivera jamais à vaincre.
Les Marathes
Ce sont d’ailleurs les Marathes qui prendront les commandes d’une grande partie de l’Inde après la mort d’Aurangzeb. Celle-ci signe en effet le début du déclin de l’empire moghol. Rongé par des querelles internes, les Moghols vont rapidement perdre toute autorité et la notion d’empire va disparaître même si le titre d’empire perdurera jusqu’en 1858, date à laquelle les Anglais y mettront définitivement fin.
La chute de l’empire moghol est encore accélérée par des attaques venues de l’extérieur dont celle du roi perse Nadir Chah qui ravage Delhi en 1739.
D’autre part, la progression des Marathes est arrêtée à Panipat en 1761 par l’émir afghan Ahmad Khan Durrani. Remarquons le hasard de l’histoire car Panipat avait été en 1526 le théâtre de la première grande victoire des Moghols.
Il faut également noter la montée en puissance des Sikhs, adeptes d’une religion semblant vouloir concilier l’islam et l’hindouisme, qui s’emparent du Pendjab en 1799.
Implantations européennes
C’est dans cette Inde affaiblie et à nouveau morcelée que la présence européenne va s’intensifier pour conduire bientôt à la naissance du dernier empire indien, l’empire britannique des Indes ou Raj britannique.
La rivalité est forte entre les Anglais et les Français. Attirées par les richesses naturelles du pays, les deux nations sont établies en Inde depuis le XVIIème siècle. Si les Français n’ont fondé la Compagnie française des Indes orientales qu’en 1664, ils ont rattrapé leur retard sur les Anglais en fondant plusieurs comptoirs dont les plus importants sont ceux de Pondichéry au sud dans l’actuel Tamil Nadu (1672) et de Chandernagor au nord dans l’actuel Bengale Occidental (1686). Pour leur part, les Anglais ont ajouté à Madras situé à proximité de Pondichéry, les comptoirs de Bombay (1668) et de Calcutta (1690).
Sous la direction de Dupleix nommé gouverneur des Etablissement français en Inde en 1742, les Français étendent leur influence sur le royaume du Carnatic (actuels Karnataka et Tamil Nadu) et sur le Deccan. Ils s’emparent même de Madras en 1746 avant de rendre la ville aux Anglais en 1749. Mais, désavoué par la Compagnie française des Indes orientales, Dupleix est rappelé en France en 1754, laissant le terrain à Clive, son adversaire anglais.
Celui-ci en battant à Plassey (Palashi) en 1757, le nabab du Bengale, c’est-à-dire son gouverneur musulman, soutenu par les Français, marque la fin des intentions impériales françaises. Le traité de Paris signé en 1763 met un terme à ces affrontements franco-britanniques et ne laissent aux Français que cinq comptoirs, ceux de Pondichéry, Yanaon, Karikal, Mahé et Chandernagor.
Dès lors, les Anglais sont libres de construire leur empire. Utilisant à la fois la force militaire et la corruption, maniant habilement le jeu des alliances avec les princes locaux, ils vont progressivement se rendre maîtres de l’ensemble de l’Inde. En 1799, malgré la résistance de Tipu Sahib, ils s’emparent de Mysore, alors capitale de l’actuel Karnataka. Leur domination sur le sud est totale lorsque après s’être assuré du contrôle de Thanjavur (Tanjore) dans le Tamil Nadu, ils s’assurent en 1822 du soutien de la vice-royauté d’Hyderabad, capitale de l’Andhra Pradesh.
Dans le même temps, les Anglais parviennent après trois guerres à vaincre les Marathes en 1819, s’ouvrant ainsi les portes du nord. En 1843, ils conquièrent le Sind. Puis c’est le tour du Cachemire en 1846. Enfin, en 1849, le Pendjab contrôlé par les Sikhs tombe dans les mains anglaises après de longues années de combats.
L’Inde britannique
Sans attendre ces dernières conquêtes, l’empire britannique cherche à s’organiser dès la fin du XVIIIème siècle. L’administration est à la charge de l’East India Company. Entreprise à vocation essentiellement commerciale, celle-ci développe un système qui lui permet de tirer un maximum de profits de l’immense territoire qu’elle domine. La chose n’est pas aisée car si une partie de ce territoire est réellement dirigée par les Anglais, une autre partie est en fait composée d’une multitude d’Etats sur lesquels règnent des nababs (musulmans) et des maharadjahs (hindous) issus de l’aristocratie locale. Pour contrôler ces Etats, les Britanniques vont instaurer une administration puissante, rigoureuse et centralisée dont la langue anglaise devient la langue officielle.
Le développement économique du pays est également à l’ordre du jour. Le chemin de fer apparaît, ainsi que la poste et le télégraphe. L’agriculture est considérablement modernisée et orientée principalement vers la culture du café, du thé et du coton.
Mais la médaille a son revers car si l’Inde peut alors exporter certaines denrées vers l’Angleterre, les importations en provenance de celle-ci jouissent d’importants avantages douaniers. Cela est particulièrement vrai dans le domaine du textile où l’arrivée massive de cotonnades fabriquées dans la mère-patrie ruine peu à peu la production indienne. Autrement dit, alors que les Anglais s’enrichissent, la majorité des Indiens ne cessent de s’appauvrir. Dans les campagnes, les inégalités sociales sont encore aggravées par la création de grandes exploitations dirigées par de riches propriétaires fonciers, les zamindar, soutenus par les Anglais.
On ne peut pas exclure que le mécontentement du peuple indien favorise dès cette époque l’apparition d’un sentiment indépendantiste. Ce n’est cependant pas lui qui est directement à l’origine des événements qui éclatent en 1857, événements connus sous le nom de révolte des cipayes ou de Grande Mutinerie. La cause de cette rébellion meurtrière qui va durer un an peut presque paraître anecdotique. L’objet en est en effet la nature de la graisse qui enduit les nouvelles cartouches de l’armée anglaise. N’oublions pas que l’armée anglaise des Indes comprend alors de nombreux soldats indigènes désignés par le mot portugais « cipaye », soldats aussi bien musulmans qu’hindous. Or, cette graisse est-elle issue du porc (impur pour les musulmans) ou de la vache (sacrée pour les hindous) ? C’est cette question qui provoque la mutinerie d’un régiment d’infanterie à Meerut dans l’Uttar Pradesh. Relayée par d’autres régiments puis par des princes locaux refusant l’occupation anglaise, cette révolte va se répandre dans tout le nord de l’Inde. Faute d’organisation, la Grande Mutinerie échoue et prend fin en 1858, sévèrement réprimée par les Anglais, en particulier à Delhi.
Néanmoins, les Anglais ont pris conscience de l’avertissement. Dès 1858, l’East India Company à l’administration trop partisane est supprimée et le vote par le Parlement britannique de l’Act for the Better Government of India permet le rattachement direct de l’Inde à la Couronne britannique. L’administration est repensée et l’Inde passe désormais sous le contrôle d’un vice-roi et de l’Indian Civil Service, basé à Londres. D’autre part, le pouvoir et l’administration s’ouvrent aux Indiens qui ne peuvent, il est vrai, n’occuper qu’un sixième des postes de fonctionnaires.
Cependant ces changements provoquent l’apparition d’une bourgeoisie indienne chez laquelle le sentiment national commence à se développer.
Le chemin de l’Indépendance
Aussi, alors que les Anglais affirment leur volonté de ne pas abandonner l’Inde en couronnant la reine Victoria impératrice des Indes en 1876 et que le Raj britannique connaît ses plus belles heures, le premier parti nationaliste indien est créé en 1885 : c’est le parti du Congrès ou Congrès national indien.
La route vers l’indépendance s’ouvre mais elle sera longue, ne trouvant son aboutissement qu’en 1947.
Très vite les préoccupations religieuses se trouvent mêlées à la volonté indépendantiste. En 1905, l’initiative du vice-roi lord Curzon de partager le Bengale en deux zones, l’une hindoue, l’autre musulmane, provoque la colère des nationalistes hindous du Congrès mais est soutenue par les musulmans. Ceux-ci représentent alors plus d’un quart de la population indienne. Inquiets de leur avenir au sein d’une Inde unifiée et indépendante, ils créent en 1906 la Ligue musulmane.
Alors que l’agitation au Bengale est importante et que les nationalistes y organisent le boycott des produits anglais, les Britanniques comprennent qu’il est urgent d’avancer sur la voie de l’autonomie de l’Inde. En 1909, l’Indian Councils Act est signé, autorisant une présence plus grande des Indiens dans l’administration des provinces. Mais cela ne suffit pas au Congrès national dont les membres de plus en plus nombreux prétendent au swaraj, c’est-à-dire à l’indépendance totale.
L’agitation va encore croître, cette fois-ci du côté des musulmans, lorsqu’en 1912 le souverain anglais George V décide de réunifier le Bengale et de déplacer la capitale du Raj britannique de Calcutta à Delhi. C’est à cette époque que commence la construction de New Delhi, capitale de l’Inde d’aujourd’hui.
Cependant, la Première Guerre mondiale va brièvement faire passer au second plan la lutte pour l’indépendance. Les Indiens, aussi bien hindous que musulmans, s’y engagent massivement - plus d’un million d’hommes - aux côtés des Anglais.
Malgré l’entente en 1916 entre le Congrès national et la Ligue musulmane, il faut attendre la fin de la guerre pour que le mouvement nationaliste prenne toute son ampleur avec l’entrée en scène de Mohandas Gandhi. Cet avocat né en 1869, ayant vécu à Londres puis en Afrique du Sud, rentre en Inde en 1915. Très vite la force de son combat et son attitude basée sur la non-violence lui vaut le titre de Mahatma, mot sanskrit qui signifie « grande âme ». Avec lui, l’indépendance va enfin devenir la cause de toutes les couches sociales de la société indienne.
En réaction au pouvoir britannique qui refuse de s’engager plus avant sur la voie de l’autonomie indienne et pratique une politique de répression des nationalistes qui atteint son summum lors du massacre d’Amritsar (Pendjab) en 1919, Gandhi lance une campagne de désobéissance civile passive, la satyagraha (« force de la vérité »). Il s’agit de refuser toute coopération avec les Anglais en boycottant aussi bien leurs produits que leur administration, des écoles aux tribunaux. En 1922, Gandhi pousse la satyagraha jusqu’au refus d’acquitter les impôts britanniques. Cette lutte qui conduit Gandhi plusieurs fois en prison atteint son point d’orgue en 1930 avec la « marche du sel » : pour contester le monopole anglais de l’exploitation du sel, Gandhi accompagné par une foule de plus en plus nombreuse accomplit les 350 km qui séparent deux villes du Gujarat. Partis d’Ahmedabad à l’intérieur des terres, les pélerins rejoignent Dandi au bord de la mer et, suivant l’exemple du Mahatma, y ramassent chacun une poignée de sel. Cet épisode vaut aussitôt à Gandhi une célébrité mondiale.
Dans le même temps, l’autre grand personnage de l’indépendance indienne, Jawaharlal Nehru, avocat lui aussi et collaborateur de Gandhi depuis 1916, est devenu président du Congrès national.
Sous l’influence des deux hommes, l’indépendance semble de plus en plus inéluctable. Des négociations commencent à Londres. Gandhi y représente l’Inde. Les premières résolutions de 1932 portent sur un projet constitutionnel instituant des régimes électoraux différents pour les minorités parmi lesquelles figurent non seulement les musulmans et les membres d’autres religions mais aussi les « intouchables », ces Indiens les plus misérables dont Gandhi défend les droits depuis longtemps. Cette proposition contraire à l’union nécessaire du peuple indien lui est intolérable et il en obtient la suspension après un jeûne d’une semaine pendant lequel il frôle la mort.
Les négociations reprennent et c’est finalement en 1935 qu’est signé le Government of India Act qui donne l’autonomie aux onze provinces qui constituent alors l’Inde.
Cependant, alors que le swaraj semble de plus en plus proche et que le Congrès national ne cesse de se renforcer, il devient clair pour la Ligue musulmane que l’Inde indépendante sera nécessairement hindoue. Dès lors germe l’idée d’un Etat musulman séparé de l’Inde.
Avec la Seconde Guerre mondiale, l’opposition entre le Congrès dirigé par Nehru et la Ligue musulmane dirigée par Muhammad Ali Jinnah grandit encore. Alors que les musulmans acceptent de soutenir les Anglais, les hindous refusent de s’engager dans la guerre. En 1942, Gandhi va encore plus loin. Bientôt relayé par le Congrès, il lancele mouvement« Quit India » (« Quittez l’Inde ») qui demande le départ immédiat des Anglais. La réplique britannique ne tarde pas : Gandhi et Nehru ainsi que de très nombreux membres du Congrès sont emprisonnés. Néanmoins, à la fin de la Guerre, les Anglais ont compris qu’ils ne peuvent plus s’opposer à l’indépendance. Il leur importe désormais d’assurer la transition en douceur et de régler l’épineuse question musulmane sans provoquer une guerre civile.
Mais la division entre hindous et musulmans est trop importante. Jinnah refuse de participer au gouvernement provisoire mis en place par les Anglais en 1946 et dirigé par Nehru. Au contraire, il incite les musulmans à se soulever contre les hindous. Cela donne lieu au terrible Direct Action Day (« journée d’action directe ») du 16 août 1946 qui se solde par un bilan de 10 000 morts à Calcutta.
L’Indépendance et la partition
Nommé en mars 1947, lord Mountbatten, dernier vice-roi des Indes, n’a pas le choix. S’il accorde à l’Inde son indépendance le 15 août 1947, il doit également prononcer la partition du territoire en un Etat hindou, l’Inde actuelle, et un Etat musulman, le Pakistan, qui regroupe alors deux régions très éloignées, l’une au nord-ouest - l’actuel Pakistan-, l’autre à l’est - l’actuel Bangladesh.
C’est ainsi que l’Inde d’aujourd’hui se retrouve privée du fondement même de sa civilisation, située dans la vallée de l’Indus, au Pakistan.
Mais bien au-delà de cet aspect, la réorganisation territoriale et politique des deux Etats va occasionner le déplacement de plus de 10 millions de personnes, provoquer au moins 500 000 morts et être la source des tensions toujours d’actualité entre l’Inde et le Pakistan.
En effet, les mois qui suivent la partition vont être le théâtre d’un gigantesque chassé-croisé entre des hindous établis au Pakistan et cherchant à rejoindre l’Inde et des musulmans accomplissant le chemin inverse, double exode pendant lesquels la haine entre les deux communautés va s’exacerber et provoquer d’incessants massacres. Notons néanmoins qu’un tiers des musulmans resteront sur le territoire indien, faisant de l’Inde le troisième pays musulman du monde.
Quant aux tensions entre l’Inde et le Pakistan, elles prennent naissance au Cachemire. Lors de la partition, cette province du nord de l’Inde dirigée par un maharadjah hindou mais peuplée majoritairement par des musulmans refuse de choisir entre l’Inde et le Pakistan. En octobre 1948, pour contrer une attaque pakistanaise, le maharadjah se rallie à l’Inde, provoquant ainsi la première guerre entre les deux pays. Cette guerre sera de courte durée et, dès 1949, une ligne de cessez-le-feu est établie par l’ONU, frontière fictive que les deux pays ont toujours contestée et qui fait du Cachemire une zone particulièrement sensible.
Enfin, la naissance dans la douleur de la plus grande démocratie du monde a sa victime emblématique en la personne du Mahatma Gandhi lui-même. Le « Père de la nation », s’opposant sans cesse aux affrontements entre hindous et musulmans, ayant voulu à tout prix sauver l’Inde de la partition, allant même jusqu’à proposer que Jinnah, le leader de la Ligue musulmane, en devienne le dirigeant, est assassiné le 30 janvier 1948 à Delhi par un extrémiste hindou.
L’Inde indépendante
Nommé Premier ministre en 1947 au lendemain de l’indépendance, Jawaharlal Nehru va gouverner l’Inde jusqu’à sa mort en 1964. Fin 1949, une Constitution est approuvée et c’est le 26 janvier 1950 que l’Inde devient officiellement une république.
Tout d’abord, Nehru laïcise son pays en abolissant dès 1950 le système des castes. Il supprime en particulier l’intouchabilité, issue de l’hindouisme, qui condamnait à la misère des dizaines de millions d’Indiens considérés comme hors-castes dès leur naissance. Même si la réalité des castes perdure dans l’Inde d’aujourd’hui, un certain nombre de mesures garantit dès lors une meilleure situation aux intouchables, appelés aussi dajits ou harijans.
D’autre part, tout en fortifiant le pouvoir central installé à New Delhi, il remodèle certaines provinces de façon cohérente selon des critères ethniques et linguistiques. C’est ainsi qu’en 1960 la province de Bombay est scindée en deux Etats, le Gujarat et le Maharashtra.
Pour mettre son pays sur la voie du développement, il choisit un modèle d’économie mixte, réservant certains domaines d’activité à des entreprises publiques. Des plans quinquennaux ciblés sur l’industrie, l’agriculture ou l’équipement hydroélectrique favorisent l’amélioration de la production au point que le plan de 1961 prévoit que l’Inde sera indépendante de toute aide étrangère en 1976.
Nehru va également amener l’Inde à être un acteur majeur sur la scène internationale. Tout en restant dans le Commonwealth, elle est ainsi l’une des principales nations initiatrices de la conférence de Bandung qui, en réunissant 29 pays d’Afrique et d’Asie en 1955, marque l’émergence du tiers-monde et fonde le concept de neutralisme, c’est-à-dire la volonté d’émancipation de ces pays vis-à-vis des « grandes nations ». Refusant donc de choisir entre les Etats-Unis et l’URSS en pleine Guerre Froide, l’Inde devient le pilier du mouvement des pays « non-alignés », ce qui lui permet au passage de recevoir des aides économiques émanant des deux blocs.
C’est finalement avec ses propres frontières que Nehru connaît le plus de difficultés. S’il parvient en 1961 à s’emparer de Goa encore détenue par les Portugais, la situation avec la Chine est plus complexe. En 1959, l’Inde accorde l’asile politique au dalaï-lama qui, accompagné de nombreux fidèles, fuit le pouvoir chinois dont la pression ne cesse de s’accentuer sur le Tibet. Le dalaï-lama forme alors un gouvernement d’exil qui siège encore à Dharamsala dans l’Himachal Pradesh. Le conflit sino-indien qui s’ensuit rebondit en 1962 à propos de la partie est du Cachemire, le Ladakh, revendiquée par Pékin. Echouant militairement, l’Inde perdra une partie de cette région.
Enfin, Nehru n’a pas pu calmer la tension entre l’Inde et le Pakistan et, à sa mort en 1964, son successeur Lal Bahadur Shastri doit aussitôt faire face à la seconde guerre indo-pakistanaise à propos du Cachemire.
L’Inde d’Indira Gandhi
Ce nouveau conflit ne prend fin qu’en 1966 alors qu’Indira Gandhi accède au pouvoir. Fille de Nehru, précisons qu’elle n’a aucun lien de parenté avec le Mahatma Gandhi.
C’est en 1971 qu’elle va acquérir une réelle renommée internationale en remportant la troisième guerre indo-pakistanaise qui aboutit à l’indépendance du Pakistan Oriental. Soutenu par l’Inde, celui-ci devient le Bangladesh en 1972.
Indira Gandhi semble alors renier la politique de non-alignement de son père en signant un traité de coopération avec l’URSS. En 1974, elle s’illustre de nouveau avec l’explosion de la première bombe H indienne qui hisse l’Inde au rang des puissances nucléaires.
Cependant, dès son arrivée au pouvoir, elle est contestée au sein de son propre parti, le parti du Congrès. Pour lutter contre l’opposition des membres conservateurs conduits par Morarji Desai, elle réunit ses propres sympathisants derrière l’étiquette de « Nouveau Congrès » avec lequel elle remporte triomphalement les élections de 1971. Mais malgré des mesures en apparence sociales (abolition de privilèges, nationalisations...), l’Inde va mal. Le chômage et l’inflation augmentent, les grèves sont nombreuses et dans certaines régions la famine apparaît provoquant des émeutes.
Pour Indira Gandhi, tout bascule en 1975 lorsqu’elle est accusée de fraude électorale lors des élections de 1971. Sa réponse est aussi spectaculaire qu’immédiate : elle décrète l’état d’urgence. Il durera deux ans, montrant tout l’autoritarisme de celle qu’on allait bientôt surnommer la « Dame de fer de l’Asie ». Elle fait jeter en prison 35 000 membres de l’opposition, elle supprime les libertés civiques et la liberté de presse, elle réprime violemment toute contestation.
Dans le même temps, pour reconquérir son peuple, elle propose de nombreuses mesures pour relancer l’économie, limiter l’inflation et le chômage, et lutter contre la corruption. Si certaines de ces mesures sont efficaces, d’autres provoquent aussitôt un énorme mécontentement comme, en particulier, la stérilisation des femmes ayant eu plus de deux enfants, mesure qu’elle justifie par la lutte nécessaire contre l’explosion démographique.
Dans ces conditions, les élections de 1977 ne peuvent être qu’un désastre pour le parti du Congrès qui essuie un échec sévère.
Créé par Jaya Prakash Narayan, inquiet des dérives anti-démocratiques d’Indira Gandhi, le Parti Janata lui succède et son chef Morarji Desai devient Premier ministre.
Mais, s’il rétablit immédiatement toutes les libertés, le Parti Janata n’a pas de réel programme politique et s’avère incapable de gouverner. Aussi, à la tête du Congrès-I (I comme Indira) qu’elle vient de créer, Indira Gandhi revient au pouvoir dès 1980.
Elle doit alors faire face au conflit du Pendjab où les Sikhs, majoritaires, réclament la création d’un Etat indépendant. Après quelques tentatives diplomatiques, Indira Gandhi va à nouveau avoir recours à la force pour venir à bout de ce mouvement séparatiste. En 1984, elle lance l’opération Blue Star : l’armée indienne attaque le Temple d’Or à Amritsar, lieu sacré de la religion sikh, où de nombreux séparatistes sont retranchés. Cela ne fait qu’aviver la violence entre les communautés sikh et hindoue et les affrontements qui éclatent alors feront plusieurs milliers de morts.
Indira Gandhi le paiera de sa vie : le 31 octobre 1984, elle est assassinée par deux de ses gardes du corps, de religion sikh.
L’Inde des années 1980 et 1990
Le fils d’Indira, Rajiv Gandhi lui succède immédiatement. Bien qu’endeuillée par la catastrophe de Bhopal où une fuite de gaz toxique dans une usine fait plus de 2 000 morts, l’Inde retrouve alors le chemin de la croissance en s’ouvrant pour la première fois aux capitaux étrangers et en augmentant la part du secteur privé, en particulier dans l’industrie.
Mais, démuni d’expérience politique, Rajiv Gandhi ne parvient pas à régler les problèmes intérieurs de son pays. Hormis les désormais traditionnelles tensions du Cachemire et du Pendjab, ceux-ci sont encore aggravés par l’aide qu’apporte l’Inde au Sri Lanka contre les séparatistes tamouls, les Tigres. C’est en raison de ce soutien que Rajiv Gandhi sera assassinée en 1991 par un extrémiste tamoul. A ce jour, il aura été le dernier représentant de la famille Nehru-Gandhi à exercer le pouvoir.
Cependant, ce sont des affaires de corruption qui provoque sa démission à la suite de la défaite de son parti, le Congrès-I, aux élections de 1989. Celles-ci sont remportées par le parti Janata Dal, soutenu par le BJP (Bharativa Janata Party) de L. K. Advani, représentant la droite nationaliste hindoue.
Vishwanath Pratap Singh, leader du Janata Dal, devient Premier ministre. Sa décision d’augmenter les quotas de postes réservés aux basses castes dans l’administration marque le début d’une crise politique. V. P. Singh démissionne dès 1990. Issu du même parti, Chandra Sekhar lui succède mais démissionne à son tour en 1991.
Suite au choc provoqué par l’assassinat de Rajiv Gandhi, le Congrès-I remporte les nouvelles élections et son président Narasimha Rao est nommé Premier ministre. Avec lui, l’Inde va définitivement abandonner le protectionnisme ainsi que l’économie mixte en vigueur depuis Nehru et entrer dans l’ère de l’économie de marché. Mais, si la croissance est au rendez-vous, elle est accompagnée du retour de l’inflation et du chômage.
De plus, sous l’influence de plus en plus forte du BJP, deuxième parti du pays, les rivalités religieuses ne cessent d’augmenter. Elles aboutissent en 1992 à la destruction de la mosquée d’Ayodyhya, dans l’Uttar Pradesh, par des extrémistes hindous. A nouveau, des affrontements inter-communautaires meurtriers éclatent, accompagnés d’attentats à la bombe, en particulier à Bombay.
Tout cela contribue à affaiblir le Congrès-I qui essuie une défaite spectaculaire aux élections de 1996 remportées par le BJP. Néanmoins, celui-ci a besoin du soutien du Congrès-I et les divers gouvernements issus de ces élections (Deve Gowda, Inder Kumar Gujral) sont extrêmement fragilisés quand le Congrès-I leur retire son appui. Notons cependant que pour la première fois les intouchables sont représentées à l’Assemblée en la personne de Phoola Devi, surnommée la « Reine des bandits » et qu’en 1997, Kocheril Raman Narayanan, issu lui aussi de cette frange opprimée de la société indienne, est élu Président de la République. Bien que ce titre ne soit qu’honorifique, le signe est de taille pour les intouchables.
En 1998, le BJP remporte à nouveau les élections. Mais l’instabilité politique est toujours de mise et le gouvernement de coalition dirigé par un membre modéré du BJP, Atal Bihari Valpayee, doit affronter de nouvelles élections dès 1999. Malgré la remontée du parti du Congrès dirigé désormais par Sonia Gandhi, veuve de Rajiv Gandhi, Valpayee est reconduit au poste de Premier ministre.
Valpayee et ses gouvernements successifs doivent faire face à un regain de tension avec le Pakistan qui, en 1998, répond aux essais nucléaires indiens en menant ses propres essais, se plaçant ainsi à son tour au rang des puissances dotées de l’arme atomique. Devant la condamnation de ses essais par la communauté internationale, les deux pays reprennent en 1999 leurs négociations sur le Cachemire, négociations interrompues depuis 10 ans. Celles-ci se soldent par un échec et des échanges de tirs quasi quotidiens reprennent dès 2000 aux frontières. En plus de ce problème frontalier, l’Inde est à nouveau confrontée à une détérioration des relations entre musulmans et hindous dans certaines régions, et en particulier au Gujarat où des affrontements instrumentalisés par le gouvernement nationaliste (BJP) font encore des centaines de morts.
L’Inde de l’après 2000
Après la victoire surprise du Congrès aux élections de 2004, Sonia Gandhi, (l’épouse du défunt Rajiv Gandhi), présidente du parti, nomme Manmohan Singh, l’architecte du programme des réformes économiques des années 1990, au poste de Premier Ministre. New Delhi et Islamabad semblent depuis disposés à reprendre le dialogue au sujet du Cachemire. Le 26 décembre 2004 survient le terrible raz de marée - Tsunami - qui aurait fait près de 220 000 morts en Asie du Sud. Selon le dernier bilan officiel (18/01/05), 9 450 personnes sont mortes en Inde ; 5 500 autres ont disparu et sont présumées décédées.
Malgré ce terrible événement auquel il faut ajouter un certain nombre d’autres catastrophes naturelles (cyclone au Bengale-Occidental en 1999, tremblement de terre au Gujarat en 2001), l’Inde du troisième millénaire est en passe de gagner certains de ses paris politiques et économiques : elle reste la démocratie de référence en Asie et elle s’inscrit aujourd’hui parmi les dix plus grandes puissances industrielles du monde. Ces réussites ne doivent cependant pas faire oublier qu’elle est aussi une nation rongée par la corruption et par les inégalités sociales dans laquelle la misère ne cesse de gagner du terrain parmi les classes les plus modestes.
POLITIQUE
L’Inde est une république fédérale constitutionnelle composée de 28 Etats et de 7 territoires de l’Union.
Pouvoir exécutif :
Le président de la république est Pratibha Patil (depuis 2007).
Le président n’a qu’une fonction honorifique. Il est élu pour un mandat renouvelable de 5 ans par un collège électoral formé par les deux chambres du Parlement et par les assemblées législatives des Etats.
Le véritable chef de l’exécutif est le Premier ministre élu par la majorité parlementaire issue des élections législatives. Le Premier ministre actuel est Manmohan Singh(depuis le 22 mai 2004)
Pouvoir législatif :
Il est détenu par le Parlement constitué de 2 Chambres :
la Chambre du Peuple (Lok Sabha) dite chambre basse est composée de 545 membres élus pour 5 ans au suffrage universel.
le Conseil des Etats (Rajya Sabha) dite chambre haute est composé de 245 membres dont 8 sont nommés par le président de la République et les autres élus par les assemblées législatives des Etats. Leur mandat est de 6 ans.
SAVOIR-VIVRE
Traditions et coutumes séculaires régissent la vie indienne.
Les pourboires ne sont pas obligatoires mais, en Inde, donner un pourboire fait partie des usages quotidiens ! Les Indiens des classes nanties sont eux-mêmes habitués à donner systématiquement... Les voyageurs étrangers doivent donc se soumettre aux pratiques qui sont devenues usuelles. Le montant varie en fonction de la qualité des guides et du personnel de service et de la durée des services proposés.
Voici un petit barème pour être « dans les normes »... Mais mieux vaut ne rien donner que de donner en dessous des barèmes d’usage.
Pour les voyageurs individuels :
> dans les hôtels :
>pour les bagages : 10 à 20 roupies environ par bagages (selon la classe de l’hôtel)
>room service : 10 à 15 roupies selon la commande
>restaurant : 20 à 50 roupies par couple après chaque repas (déjeuner et dîner) selon le type de restaurant
>boissons : ne pas laisser plus de 10 roupies
> guides locaux :
> entre 30 et 60 roupies par personne / par journée de visite selon votre satisfaction
> si vous gardez un guide plusieurs jours : entre 60 et 80 roupies par jour par personne... montant dégressif en fonction de la durée : sur 15 jours, le prix peut baisser à 50 roupies par jour.
> chauffeurs :
>transfert aéroport uniquement : environ 30 roupies par personne
>celui que vous gardez plusieurs jours : entre 60 à 100 roupies par jour/par personne et un peu plus si les étapes sont longues et la route difficile.
Comme pour le guide, tarif dégressif dès lors que vous le gardez un certain temps :sur 15 jours, le prix peut baisser à 50 roupies par jour.
> agent d’assistance aéroport : là, le pourboire peut intervenir dès lors que l’agent vous aide à ne pas payer pour des excédents de bagages, ou vous aide à obtenir une bonne place dans l’avion, voire une place dans une classe supérieure : dans ce cas, si vous souhaitez lui montrer votre gratitude, lui donner moins de 100 roupies serait l’offenser, et dans ce cas abstenez-vous !
Dans certains petits palais ou hôtels de chaînes privées, vous trouverez à la réception une boîte pour les pourboires : dans ce cas, ne donnez pas à chaque individu, mettez un montant total dans cette boîte : le total est partagé par tout le personnel.
Vous devez toujours donner les pourboires selon la hiérarchie : un chauffeur ne peut toucher plus de pourboires qu’un guide et les enveloppes doivent être séparées.
S’il y a un aide - chauffeur (minibus pour petits groupes), il doit aussi recevoir une enveloppe dès lors que le chauffeur en reçoit une !
Pour les voyageurs en groupe : comptez entre 30 et 60 Euros par personne, selon le type de programme et la durée du circuit.
En ce qui concerne l’habillement, il convient d’éviter les tenues très légères (shorts, vêtements sans manches, jupes courtes...) et de sortir sans objets de valeur.
D’autre part, qu’il s’agisse de temples ou de mosquées, on se déchausse à l’entrée de tous les lieux saints. Dans de nombreux édifices religieux, on veillera à avoir les jambes et les bras couverts. Vous devrez parfois avoir la tête couverte, en particulier dans les temples sikhs. Pour visiter les temples jaïna, on vous demandera de retirer les objets en cuir qui seraient en votre possession.
Dans tous les cas, ne touchez pas les représentations des divinités et demandez l’autorisation avant de prendre des photos. Il se peut qu’on vous demande le paiement d’une taxe.
Dans la vie quotidienne, un certain nombre de gestes sont à éviter ou à accomplir pour des raisons principalement religieuses :
Sauf s’il en prend l’initiative, ne serrez pas la main à un Indien pour le saluer. Le salut indien consiste à joindre les mains sous le menton et à incliner la tête en disant « Namaste » (« Bonjour »).
D’une manière générale, la main gauche est considérée comme impure. On évitera de s’en servir qu’il s’agisse de manger ou de tendre quoi que ce soit (objet, argent...)
Au restaurant ou invité chez des Indiens, on se lavera les mains avant de manger.
La plupart des Indiens enlèvent leurs chaussures en arrivant chez eux. Si vous êtes invité, faites de même.
Ne touchez pas la tête d’un Indien, enfant ou adulte.
Ne dirigez pas la plante de vos pieds vers votre interlocuteur, ni vers la représentation d’une divinité, ni vers un temple, et veillez à ne pas toucher un Indien avec vos pieds.
Par contre, toucher les pieds de quelqu’un avec ses mains est une marque de grand respect. C’est d’ailleurs ce que font de nombreux mendiants dans le but de recevoir une aumône.
Demandez toujours l’autorisation avec de prendre un Indien en photo.
En couple, respectez l’immense pudeur des Indiens et évitez toute marque d’affection en public.
Enfin, ne soyez pas surpris par le « oui » indien qui consiste en un hochement latéral de la tête, ressemblant fortement à notre « non » européen. |